De toutes les émotions que l'on peut ressentir, la colère est sans doute l'une des plus puissantes, et des plus angoissantes à la fois. En effet quand on est en colère, quand on voit rouge, plus rien ne semble vraiment compter, si ce n'est l'évacuer, l'exprimer, par tous les moyens possibles, quels qu'ils soient. La colère peut parfois être, en effet, incontrôlable.

Etymologiquement, le mot "colère" vient du grec "khole", qui signifie la bile. Littéralement, la colère serait causée par l'échauffement de la bile, selon la théorie des humeurs. En psychologie, la colère est une forme d'expression contre l'injustice, et l'indignation. La censurer revient à enfermer l'individu dans le non-dit, et est extrêmement nocif dans la relation à soi-même, et aux autres.

Bien qu'il existe des expressions positives de colère, il faut savoir apprendre à la gérer, à la maîtriser, plutôt que de la laisser guider jusqu'à ce qu'elle nous fasse perdre tous nos moyens, et toute notion de ce qui est bien, de ce qui se fait, se dit, ou pas.

COMPRENDRE

Il est impossible de gérer quoi que ce soit si on n'en connaît pas la cause. Impossible de se rassurer si on ne sait pas ce qui nous effraie, impossible d'arrêter de pleurer si on ne sait pas ce qui nous cause tant de chagrin, et donc impossible de se calmer si on n'a aucune idée de ce qui cause réellement notre colère. Il faut garder à l'esprit que la colère est comme un signal d'alarme, une réaction à quelque chose ou quelqu'un, comme un moyen d'auto-défense, presque. Elle n'a rien de mortel ou d'anormal, mais la première des choses à faire en vue de calmer sa colère, c'est de tenter de comprendre son origine.

ACCEPTER

Pour pouvoir maîtriser et gérer sa colère, il faut également savoir l'accepter. En effet, renier la colère, l'éloigner, l'enfermer dans un coin de soi-même ne la fera pas mourir, au contraire, cela ne lui laissera que l'occasion de croître, croître et croître encore jusqu'à l'explosion. Et alors, si vous l'aviez acceptée dès la première fois, peut-être ne vous seriez-vous pas énervé contre cette personne uniquement parce qu'en vous croisant dans la rue, elle vous a bousculé à cause de la foule. Plus vous reniez la colère, plus elle s'exacerbe, et plus elle vous sera néfaste.

ANTICIPER

Il est tout aussi important de se connaître, et de savoir quel type de situation, de geste, de parole, d'attitude, nous met en colère. Etre capable d'anticiper la colère, c'est également être capable de se calmer avant qu'elle n'éclate totalement, et peut-être même dans certains cas, la faire disparaître avant même qu'elle ait pu totalement faire surface. Au final, la gestion de la colère passe par une parfaite connaissance de soi-même.

SE CONCENTRER

On est le seul capable de véritablement calmer sa colère. Les mots, le soutien, la présence des gens nous aidera peut-être à y parvenir plus rapidement, mais ils ne pourront pas la gérer à notre place. Si vous sentez la colère monter en vous, voici quelques petits conseils simples, afin de vous aider à la maîtriser :

  • Respirer calmement : se concentrer sur son rythme respiratoire, et uniquement là-dessus, permet d'évacuer toute pensée négative, de se vider l'esprit, et d'apaiser son rythme cardiaque. Cela permet de faire baisser le taux d'adrénaline qui a soudainement grimpé quand la colère est apparue.
  • S'isoler : prendre du recul quant à la situation, en s'isolant, est un bon moyen de se calmer, et le moment idéal de tenter d'identifier ce qui vous a mis dans cet état, et pourquoi. Connaître la raison, une fois encore, soulage, et rassure. Evacuer l'énergie et l'énervement par le sport, ou par une longue marche, mais surtout pas par la violence, physique ou verbale, qui ne fera qu'accroître le sentiment de colère.
  • En parler : une fois que vous avez fait le point avec vous-même, et que vous vous sentez prêt, même si cela doit durer plusieurs jours, allez ensuite en discuter avec la personne intéressée. Sans cris, sans heurts, essayez de mettre des mots sur ce qui vous a blessé. Veillez à ne pas accuser l'autre à base de "Tu as fait/dit ça". Mais plutôt : "je l'ai pris comme ça, parce que…". Chacun pourra alors expliquer à l'autre ce qu'il a ressenti, et il s'agira d'un échange, plus d'une dispute.
  • Ecrire : quand la colère ne naît pas à cause de quelqu'un, ou qu'on n'arrive pas à aller vers la personne, écrire soulage. Crachez tout, comme cela vous vient, jusqu'à ce que vous vous sentiez vidé. Ca paraît idiot comme ça, mais je vous assure que ça fonctionne. Ecrivez, écrivez et écrivez jusqu'à ce que vous n'ayez plus rien à dire sur ce qui vous a mis en colère. Puis laissez la lettre de côté, et relisez la une ou deux heures après. C'est à ce moment là que vous serez le plus à même de prendre le recul nécessaire.

Une fois la colère dissipée, il faut que vous sachiez déterminer à quoi elle était reliée, en vous, pour qu'une telle réaction ne se reproduise plus. Si vous sentez que pour des raisons X ou Y vous vous sentez angoissé ou fatigué, alors prévenez votre entourage que vous êtes plus susceptible qu'habituellement et que vous n'êtes pas prêt pour une grande conversation houleuse. Vous êtes celui qui est capable de savoir s'il va se mettre en colère ou pas, c'est votre devoir de vous connaître, et d'empêcher que cela se produise à nouveau.